Lettre adressée le 8 février 1966 par Monsieur Georges Hacquard, le Directeur,
aux mères d'élèves
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Chère Madame,
J'adresse cette lettre à chacun des parents d'élèves de nos classes de Seconde, à la demande expresse d'un certain nombre de familles et en complet accord avec le Comité de votre Association de parents. Il s'agit des surprises-parties, qui viennent de prendre un nouvel essor après un répit de plusieurs années. Il est vrai qu'à la rentrée dernière et pour la première fois depuis bon nombre d'années scolaires, j'avais cru pouvoir me dispenser d'évoquer la question devant les élèves, croyant que la période des "Tricheurs" était passée de mode, en tout cas dans le milieu de l'Ecole Alsacienne. Je n'entre pas dans les détails: invasion de groupes inconnus, dégradations, chapardages, danses tous feux éteints, insolences à l'égard des parents de l'invitant (dans les rares cas où ceux-ci étaient présents), retours au milieu de la nuit (alors que la séance était achevée depuis beau temps), j'en passe. Vous êtes au courant, au moins j'espère autant que moi. Certes, la responsabilité des familles est entière. Mais je ne puis me dispenser d'assumer celle de l'Ecole dont ces enfants sont élèves. Je dis par écrit ce que, jusqu'à cette année, j'annonçais aux élèves de vive voix, à savoir qu'en tant que directeur de cette Ecole et comptable de l'esprit qui y règne, j'interdis de la façon la plus formelle la pratique des surprises-parties, et que l'exclusion immédiate sera prononcée contre l'élève qui croira bon d'en organiser une malgré l'interdiction. Est-il nécessaire d'ajouter que je ne confonds pas les surprises-parties avec les réunions d'enfants ou d'adolescents ? Celles-ci, très souhaitables, sont caractérisées par le fait que, d'abord, ce sont les parents qui invitent et qui adressent l'invitation aux parents de l'invité ; ensuite, que les parents invitants sont présents - discrètement, peut-être, mais demeurant maîtres chez eux tout au long de la séance et personnellement responsables, notamment, de ce qui se fait et de ce qui se boit; enfin, que cette séance a lieu de jour et ne se prolonge pas à l'excès. Je vous prie d'excuser cette lettre un peu longue et de bien vouloir retrouver dans ma réaction le sérieux souci d'éducation que nous avons en commun. Veuillez agréer, chère Madame, avec mes hommages, l'assurance de mes sentiments les plus dévoués.
Georges Hacquard.
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